Du temps pour vivre

Chronos des choses de valeurs, mange tes enfants, j’ai besoin de temps!

Triste monde qui fait le commerce de notre temps comme il le faisait jadis pour les serfs et les esclaves, donnant à nos existences un prix, celui qui nous achète, celui que l’on paye. Déraison est de croire que le travail est un privilège alors qu’il n’est que chaînes et boulets que nous attachons à nos pieds par illusion de choix. Car qui en cet occident peut se loger et se nourrir sans user de l’argent? Nous naissons avec une dette qu’il nous faut rembourser par notre labeur et notre soumission inconditionnelle. Nulles forêts, nulles montagnes, nulles plaines, nul lieu salubre ou fuir le regard et la main mise du capital, nulle alternative que de se plier aux lois des seigneurs. Que je rêve de pouvoir enfin vivre, mais je ne peux qu’envier le sort des bêtes car même maltraitées par certains hommes, même en proie à la dureté de la vie, elles naissent libre de profiter de leur temps par elles-même et pour elles-même, alors que nous sommes réduits et contraints à la surproduction et à la surconsommation. Et que produisons-nous justement?! Du désir, du divertissement, de la futilité, de la superficialité, de l’avilissant, du débilitant, de l’asservissement, plus, toujours plus, comme si tout ne pouvait que croître. Absurdité! Folie! La forme n’existe que parce qu’elle a une limite, une frontière qui la sépare des autres formes, l’empêche de se confondre dans le grand tout, dans l’oubli, dans l’indifférenciabilité. Tout ne peut croître éternellement, tout comme nous ne devons pas nous confondre en une pensée unique.

Hypnotisés par l’écran de nos smartphones, nous pensons pouvoir oublier la routine du métro-servage-dodo.

Temps, tu me manque tant je te vends, et la colère me vient d’être ainsi obligé et pour de si viles raisons. Et je vois des gens dans la misère du chômage, haïs comme parasites, obligés de tapiner sur les trottoirs du marché de l’emploi … le marché de l’emploi … LE MARCHE DE L’EMPLOI!!! Ne sommes-nous donc pas nés Hommes que nous ayons à être ouvertement réduits à de simples produits mercantiles? Où est donc passée notre fierté d’Homme? Devenons-nous donc ce que nous produisons? C’en est assez! Marché de l’emploi et glace au lait maternel, demain ne peut être fait de l’élevage de nos semblables, parqués dans de petits appartements comme des poulets en batteries, ou comme des articles dans des rayonnages de super-marchés avec nos cadres et petits patrons en tête de gondole, pendant que la même petite poignée de petits hommes puisse continuer à profiter de nous et accumuler des sommes inimaginables alors que nous avançons résignés dans les couloirs de l’abattoir de la « vie »! C’en est assez!

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