L’éveil d’Icare

Combien d’enfers doit-on endurer avant d’atteindre le paradis? Combien de batailles douloureuses et épuisantes doit-on mener avant de rejoindre le Valhalla? Blasé, épuisé, je me laisse tomber à genoux, entièrement soumis à la gravité, l’élévation s’arrête en une terrible chute, et je laisse l’inertie me gagner. J’étais animal dans la sombre jungle, végétal qui aspire aux hauteurs, maintenant je ne rêve que de minéralité reposante. Alors que j’étais devenu fossile dans les terres rocheuses, l’esprit tellement calme qu’inexistant, me revint un souvenir à la fois lointain pour celui qui fuit et à jamais présent au plus près de soi : le bonheur n’est pas une chose qui se gagne ou que l’on quitte, il est une constante de l’être. On peut l’oublier ou détourner son regard, mais c’est tout. Tant de lumières illusoires et autant de mirages vers lesquels se perdre, tant de poids auxquels on s’attache pour ne pas s’envoler, alors que ce sourire enfantin et bienveillant tapis au fond de nous veille sans relâche du regard d’un Homme-Enfant Roi à qui rien ne se refuse si ce n’est nos peurs et nos gênes, acquises à mesure des frustrations que font naître nos désirs et attentes, des blessures que finalement nous nous infligeons à nous-même.

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2 réflexions au sujet de « L’éveil d’Icare »

  1. J’y ai bcp pensé ces derniers temps : laisser tomber les illusions, notamment dans la relation amoureuse (mais ça concerne tout). C’est aussi la liberté. Voir et accepter, aimer même le sombre sans illusion, aucune. Si on y arrive on est libre.

    Aimé par 1 personne

    1. Réussir à accepter et à aimer chaque chose, chaque concept, pour ce qu’il est, un être. Embrasser la totalité pour embraser sa singularité. Tout à au moins un rôle et au moins une place, et lorsqu’on prend suffisamment de distance, et qu’on accepte de voir les choses plus globalement, de voir comment les choses interagissent entre elles, on finit tôt ou tard par se rendre compte que les choses ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles sont et puis c’est tout. Par contre, ce que je viens de dire n’a aucun rapport avec mon billet. A nouveau je m’étiole XD Mais je m’en excuse car je me suis laisser inspirer à quelque chose que tu as dit et qui, d’une certaine manière, me parler: « aimer même le sombre sans illusion ». :)

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