A mes amours de toujours

Les idées se bousculent dans ma tête et je les vois prêtes à toutes les bassesses entre elles et à toutes les tentations sur ma personne pour que je leur donne corps. J’en perds souvent le sommeil tant elles réclament mon attention, mais comment ne pas être séduit par leurs flatteries et leur divertissante présence? Charmantes créatures qui peuplent mes pensées, je finis par ne plus vivre que pour les contenter. Je m’inquiète de leur devenir comme s’il s’agissait du mien, peut-être même plus encore. Et je les prends parfois pour miennes tant je me sens proche d’elles, plus proche encore que de n’importe quelles autres personnes. Pour elles j’existe. Pour elles je suis important. Par elles je me sens libre, soutenu et utile. Alors je leur dédie ce petit texte, à elle qui sont seules à me connaître, à elle qui jamais ne me jugent injustement, à elles à qui je peux sans limites donner mon amour et qui jamais ne me quitteront.

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19 réflexions au sujet de « A mes amours de toujours »

    1. J’arrive encore a bien faire la part entre le moi et le non-moi. J’arrive à m’aimer avec honnêteté, mais les idées ne font pas partie du moi. Elles participent de ma vie, et je les en remercie, mais elles sont autres. Et si j’ai écrit ce texte là, de cette manière là, c’est pour les remercier de la manière la plus juste qu’il soit pour moi : montrer qu’elles existent en tant qu’être à part entière (bon, là je leur donne une personnalité, mais peut-être que d’une certaine manière elles en ont une). Je voulais également qu’il serve de première étape dans la reconnaissance du non-soi en soi (reconnaissance à la fois dans le sens d’admettre l’existence, que d’éprouver de la gratitude), la seconde aurait été de remercier mon corps et ses cellules (oui, normalement j’aurais dû respecter un certain ordre, mais bon =p).

      La part de la conscience/volonté (l’égo) est minime dans cette communauté qu’est l’être humain. Chacun des êtres qui la compose, qu’ils en soient natif ou qu’ils soient juste des passagers, a un rôle dans cette magnifique organisation. Et je n’admettrais jamais qu’un ministre dise que je suis lui ou qu’il prend pour siennes les expressions de mon propre être, alors que moi, comme lui, je participe bon gré mal gré du devenir de mon espèce.

      PS: Lorsque j’emploi le mot être, ca ne signifie pas autre chose que le fait d’exister, donc tout est être (en puissance ou en acte) selon cette définition

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  1. Selon moi, les idées, les pensées, les représentations mentales que nous faisons sont forcément une partie de nous, une autre partie est faite pas la société où nous vivons et tout ce qu’on nous a inculqué, appris depuis l’enfance. Parfois il est d’ailleurs difficile de savoir si nos idées sont vraiment les nôtres ou si elles sont le produit de nos acquisitions.
    Alors je me dis que ces personnifications, produits de ton esprit, son forcément une partie de toi, tu les inventes à ton image. Mais oui elles ne sont pas toi.

    Tu sais ça me fait penser à une phobie que j’avais, la phobie de tuer quelqu’un, j’avais peur il y a quelques années d’être capable de tuer quelqu’un comme ça sur une pulsion, vraiment ça m’angoissait, il s’avère que c’est un TOC par tout le mécanisme mental que tu mets en place pour ne pas penser à des idées qui pourraient te déranger, t’angoisser. J’ai lu un livre qui expliquait ce qu’était ce TOC et comment le mécanisme mental devait être démonter. La clé de tout ça était simplement d’accepter ces idées comme miennes, m’appartenant, faisant partie intégrante de moi autant que les jolies idées humanistes et d’amour. Il fallait que je les laisse traverser mon esprit sans les arrêter et les matraquer à coup de réassurance ou je ne sais quoi, c’est très dur à faire tu te sens envahie et puis en fait au bout de quelques jours ces idées que tu n’arrêtent plus ne sont plus là, tu les as accepté c’est terminé.

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    1. La conscience, l’égo, le moi ne représente qu’un très faible pourcentage dans la totalité de l’être. Souvent nous pensons que nos pensées sont strictement les nôtres alors qu’elles ont été produites, la plupart du temps, par les autres constituants de notre être. Notre être est un vaste lieu dans lequel l’égo n’est pas tout seul, et loin s’en faut.

      La pensées est un flux qui part de sources qui existent bien avant l’égo et se jette dans le monde matériel après un nombre incalculable d’étapes, dont l’égo n’en représente qu’une, l’une des dernières. Mieux encore, la pensée qui nous parvient est un flux fait de beaucoup d’autres, chacun des flux composant le plus grand ayant sa propre origine, origine qui n’est pas nous (nous = égo). Ainsi, ce qui nous parvient, ce sont des idées, des émotions, des sentiments, une traduction sur mesure pour l’égo. Et peu de ces choses sont exclusivement produites par nous (nous = égo), à partir de nous (nous = égo), juste transformé par nous (nous = égo). Du moins, c’est ce qu’il m’est venu à force de me chercher par méditation et introspections diverses, et à force de lectures sur la question aussi.

      Que toutes ces choses fassent partie de l’être humain je veux bien l’admettre, mais là je parle d’égo, de cette chose infime à laquelle on s’identifie, même si notre égo est un conquérant qui aspire à étendre son royaume bien au-delà du sien propre. Et tu dis quelque chose de vraiment très pertinent lorsque tu dis que nous les inventons à notre image. Sachant qu’inventer signifie découvrir, c’est effectivement ce que nous faisons, nous les découvrons. Et à notre image parce que nous avons soit tendance à nous identifier à tout ce qui nous parvient, soit parce que ces flux, pour qu’ils soient traités efficacement par notre fonction énergétivore à l’extrême, sont hautement personnalisés (on nous prémâche grandement le travail par diverses pondérations, par différentes sémantiques).

      Par exemple, les sensations, il faudrait être bien malhonnête ou de mauvaise foi que pour affirmer que c’est l’égo qui les produit alors qu’elles sont la réponse corporelle aux évènements de notre environnement interne et externe. De même, les émotions ne sont-elles pas que la pondération de ces mêmes évènements qui ont engendrés une sensation? Une information construite par notre bulbe rachidien pour nous donner des éléments de stratégie face à une situation donnée (peur, colère ou repli -> « Comment apprivoiser son crocodile » par Catherine Aimelet-Périssol). Et nos ressentis divers, qu’ils soient des sentiments ou des choses qu’on appelle « émotion », ne sont-elles pas non plus des pondérations, cette fois-ci non plus pour nous conseiller une stratégie, mais pour donner des informations qualitative sur notre situation présente ou globale? Certes, de nombreux sentiments sont l’intellectualisation de phénomènes qui sont alors, dans bien des cas, produites par notre action involontaire (la partie inconsciente associée à l’égo?). Et maintenant les idées. Je ne parle bien évidemment pas juste du contenu interprétable par l’égo, mais de la totalité de l’être idée. Par les lieux où ils prennent naissance, lieux où seul l’abstrait à sa place et pour lesquels l’égo n’a pas de droit de regard, il est difficile d’admettre que l’idée soit une production égotique.

      Par contre, je ne dis pas non plus que l’égo ne produit rien, ou qu’il ne produit que du sentiment. Le rôle de l’égo est encore bien mystérieux. Mais toujours est-il qu’il ne peut en aucun cas produire de l’idée, ou alors c’est que nous ne partageons pas la même définition de ce qu’est une idée. Il est vrai que dès que nous tentons de fouler nos terres intérieures, les mots nous manquent pour parler des choses qui s’y trouvent. Il n’y a qu’à voir le double emploi que nous faisons pour le terme « émotion ». Les mots sont parfois frustrant tant il est des choses qu’il est difficile d’exprimer sans en passer par le malentendu :/ Du coup, le seul point avec lequel je ne suis pas d’accord, c’est avec le conseil qu’on t’a donné pour empêcher la production de TOC. Même si apparemment c’est très efficace, je trouve qu’il y a là quelque chose d’assez risqué : nier les œuvres du non soi (et donc l’utilité du non-soi) et s’accaparer tous les mérites ou tous les blâmes … cela me fait penser à ces gens qui piquent les idées des autres et font comme si tout venait d’eux, et cela me fait également penser à la tyrannie de l’égo contre le reste de son être ; et cela, je ne peux pas le cautionner, même si apparemment c’est efficace. (Ton doc, je l’aime pas, nah ! xp)

      Malheureusement, pour mieux comprendre mon point de vue, je n’ai trouvé que ces deux documentaires :/
      Sur la suggestibilité: http://www.youtube.com/watch?v=zRFf-AQ0fv4&feature=share
      Sur le libre arbitre: http://www.youtube.com/watch?v=xzSDRU5kHgE&feature=share

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  2. Ça me fait penser aux projections qu’on fait sur les autres, on pense qu’ils fonctionnent comme nous et on se rend compte qu’on les vexe ou on les blesse en touchant leur ego pour quelque chose qui pour toi n’aurait pas été le cas.
    Par exemple je parle de l’âge d’une de mes collègue mais comme une donnée sans valeur pour sa personne, elle le prend mal comme si je lui avait dit « vieille peau », je ne comprends pas et ensuite quand elle m’explique je comprends que j’ai touché son ego, moi je lui disais « à ton âge » comme si je parlais de la couleur de ses yeux, c’est tout. Elle a cru du coup que je me prétendais meilleure, que j’étais hautaine parceque plus jeune un truc comme ça je n’ai pas tout saisi.
    J’en parlais avec un ami ces derniers temps avec qui on a réfléchi à la question de l’ego justement, en fait une grande majorité des gens rapportent tout à leur ego avant tout, avant d’analyser la donnée plus objectivement et de se remettre en question si besoin.
    Ça fait une grande différence dans la communication et dans son rapport à l’autre, car celui qui ne rapporte pas tout à son ego avant tout, ne va pas être dans le schéma dominant/dominé mais en toute équité. Moi j’ai même tendance à rééquilibrer quand je sens que nous ne sommes pas dans cette égalité.
    Ça je le sens partout.

    Je comprends ta construction de la pensée mais je en connais pas du tout les étapes de cette construction (mais peut on les connaître ?) c’est très intéressant, j’avais simplifié au possible en fait mais il est vrai que du coup ça pourrait mal être compris.
    Je n’avais jamais vu les émotions sous cet aspect là c’est à creuser pour ma part.

    Ce n’est pas un doc c’est un livre que j’ai lu pour les TOCS, peut être que c’est moi qui explique mal. Ça n’empêche pas la production du TOC mais ça te fait plutôt prendre conscience et accepter ce que tu tentes de rejeter avec ce TOC justement.

    Je l’ai lu le livre dont tu parles ça fait quelques temps maintenant du coup je ne pourrais plus trop en parler avec justesse mais je me souviens l’avoir aimé. Les mécanismes de défenses …. vaste sujet, quand je me suis rendue compte de tous ceux que j’utilisais je me suis dis : waouuuuuuuuuuu mais j’ai du me sentir en danger pendant longtemps en fait !

    Pour ce qui concerne la définition de l’ego on a beaucoup utilisé ce mot de façon péjorative, on l’a qualifié de négatif/mauvais etc mais sans ego, sans « soi » on se fout en l’air en fait. J’ai lu Alice Miller qui parle de ça c’set très intéressant.

    J’irai voir tes documentaires pour mieux te comprendre.

    Je ne sais pas d’où ça part mais tu me fais penser aussi à ce que j’appelle l’automutilation, c’est quelque chose qu’on fait quand on est pas satisfait de soi même, ça commence par un « pfff je suis trop con » qui vient un peu tous les jours, on martyrise son ego, et on le fait aussi avec nos idées, nos pulsions (sexuelles entre autres), nos envies, nos sentiments…on en arrive à avoir un ego minuscule, qui ne s’exprime plus, complètement martyre de nous même. On est capable de se faire bien mal je pense.

    Bon je m’arrête là tu me fais partir sur milles idées avec ta réponse, désolée de la longueur ! ;)

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    1. Y a pas de soucis :) Et si ma réponse t’inspire, alors j’ai bien fait de l’envoyer (j’avais aussi un peu peur que ce soit soit trop long, soit trop court (pourtant, c’était déjà un fameux pavé XD)). Et merci pour la référence, Alice Miller: aurais-tu un titre à me conseiller pour commencer? Ce nom me dit quelque chose en tout cas.

      Pour la construction de la pensée, je m’y suis beaucoup intéressé à la fois parce que je suis un grand curieux, mais aussi parce que j’ai lu pas mal d’oeuvres d’alchimistes, taoiste, Platon, Jung ou Erikson (plus sûr de lorthographe de son nom, désolé pour lui), comme ca si toi aussi la question t’intéresse, tu auras de quoi bouquiner :) Il y avait un livre en particulier, que j’ai eu le malheur de prêter et que je n’ai plus jamais revu depuis (comme par hasard :/), le titre c’était « La Voie Intérieure » (je ne me rappelle plus du nom de l’auteur, si ce n’est qu’il a un nom à consonnante ruuse ou polonaise et qu’il résidait en Belgique), et c’est LE livre qui m’a le plus construit. L’auteur essayait de nous faire comprendre que pour atteindre la source même de son être (qui selon lui, taoïste qu’il est, est la même que l’Univers tout entier), il fallait se couper de toute information (sens, émotions, etc.)). J’ai suivit ses conseils comme j’ai pu, et à force, on finit par en savoir un petit peu plus sur comment notre pensée se construit (encore une fois, déconstruire pour mieux construire), etc. Enfin voilà :)

      Pour les projections qu’on fait sur les autres, c’est bien que tu en parle. Une amie m’avait déjà un jour parlé de quelque chose comme ça, et même si à ce moment là je m’étais dit qu’il ne faudrait surtout pas oublier et essayer de ne pas le faire, je dois bien avouer que c’est tomber dans mon oubli :/ J’ai souvent un peu de mal à comprendre le fonctionnement des autres, alors parfois (ou souvent?), dans le doute et la hâte, essayant mal de me mettre à leur place, il m’arrive de faire ce genre de projections :s

      Pour les docus: moi il m’ont positivement bluffé. Bon, l’orgueil en prend un petit coup, mais c’est pour la bonne cause :)

      Pour la définition de l’égo: je me demande d’ailleurs bien pourquoi certains en ont fait quelque chose de sale … d’autant plus que le résultat final ne va pas vers une meilleure « gestion » de l’égo. L’égoisme est utile quand il n’est pas excès, mais là on dirait qu’on n’a plus que l’excès :/

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  3. Alice Miller : le drame de l’enfant doué.

    Je pense que ça peut être très intéressant pour toi ! Je l’ai beaucoup aimé j’ai compris plein de choses sur moi. C’est un livre qui te fait avancer dans la connaissance de toi et je pense que il te parlera.

    On a toujours peur d’être trop ou pas assez…soyons ;) et si ça ne plait pas à l’autre ben il nous le dira !

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    1. Merci, j’irai le commander à la fnac dès que j’ai un peu de sous =D En tout cas le titre me parle (*fais de son vantard* XD j’rigole).

      J’ai toujours eu cette sale manie de toujours m’excuser :/ Je veux vraiment m’en débarrasser, surtout que ce sont des réflexes peu honnêtes. Soyons :)

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  4. Merde ma réponse est partie je ne sais où je recommence désolée si je fais doublon.

    Bienvenu au club moi on m’écrase le pied je m’excuse, dans le fond on s’excuse d’être là, c’est plus profond que ça en a l’air.
    Moi j’ai toujours peur de gêner.

    Si tu m’envoie ton adresse postale je t’enverrais le mien, j’aime donner mes livres quand je sais qu’il servira à celui qui le reçoit.

    Je disais aussi que de se savoir intelligent est interdit, tu passes pour prétentieux ou hautain. On a mis une valeur là dedans, encore une fois.

    Coluche disait que pour se savoir con faut déjà être intelligent ;)

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    1. Tu vas rire, mais je viens enfin de trouver ton commentaire. Etrangement Akismet a réagit, à n’y rien comprendre! :s (et j’ai trouvé un autre commentaire que je n’avais pas vu et qui était en attente d’approbation :s)

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  5. Me too. J’ai regardé le premier reportage, j’irai voir le deuxième. La partie sur les souvenirs je m’en était aperçue moi même avec des choses que ma mère me racontait, en fait tu les construis après c’est fou.

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    1. Je crois qu’à part ma mère, tu es la seule qui ait acceptée le partage de ces docus. Même ma « copine » (ouais, maintenant je mets des guillemets >>> je suis en mode je boude XD), qui fait des études de psycho n’a pas été les voir. Pourtant je les trouve important. J’espère que tu as apprécié le premier et que tu apprécieras le second, moi je les ai trouvé géniaux :)

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