Colère

Mes mots se perdent en dedans, s’accumulent en souvenirs lointains de formules à dire qui ne sortent pas … je suis retenu, je me retiens. Le mutisme me gagne presque dans ce chaos de sentences en amertumes et rancœurs échappées … la boule me noue la gorge … jusqu’à ce que le bouchon saute de ma bouteille. Champagne ! Déjà les bulles de rage en mousse épaisse dégouline le long de mon verbe phallique, et mon puissant jet de foutre sémantique éclabousse la bouche de mon auditoire. Je ne lui fait plus l’amour, je le baise, je le viole de mon ire jaillissante. Colère, tu m’emportes en pièces assassines, je suis shrapnel qui explose. Destruction ! Annihilation totale systématique ! Terminator 2 sur fond de métal frénétique et bilieux … jouissif ! Puissance … et ainsi je me gaspille jusqu’à épuisement de rage qui, dans un dernier sursaut de vie dans son agonie, se retourne contre moi … la contemplation de l’étendue des dégâts … mais qu’ai-je fait ?! Et pourtant, j’ai jouis. J’ai jouis d’être librement moi à l’extrême, distordu et invisible, caché et confondu dans ce flux qui tout désole. J’ai honte. Le regret … je voulais juste exister, ne plus être ce taureau face aux matadors … je voulais juste ne plus être embroché … et la capette rouge m’excite tant … Je suis un imbécile ! Je le sais pourtant que c’est moi qui me vexe, que c’est moi qui me blesse, que c’est moi qui accorde aux actions du poids, de la signification, de l’importance, du tranchant sur moi … dans l’erreur de n’avoir écouter mon instinct que lorsque la déraison le gagne …

Je suis passé de la quiétude enfantine au repli adolescent, et du repli adolescent à la colère du jeune adulte. A présent, j’apprendrai la fuite de l’adulte mûre, puis la quiétude impassible du vieillard. La sève ainsi s’éveille, stagne, monte, recule et enfin s’écoule librement et intelligemment. Aidons juste le temps à faire son œuvre.

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26 réflexions au sujet de « Colère »

  1. Alors mon pote. Tu t’es défoulé ? J’espère que tu as eu un certain retiens quand même. Mais cela a dû te faire du bien quand même si défoulement il y a eu ? J’espère que tu vas bien mon ami. Penses deux fois plutôt qu’une aux conséquence, avant de poser un acte. Je sais que tu es intelligent et que tu n’as probablement pas besoin que l’on te fasse la morale. Mais pense à toi avant de penser à l’autre, ce n’est pas être égoïste du tout. Aller, on se reparlera de tout ça.

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    1. Ne t’inquiète pas, je n’ai pas céder aux caprices de la colère dernièrement, mais je suis devenu d’un naturel plutôt coléreux après ma dépression car la colère valait mieux que le repli, mais avec sa petite sœur, la peur, ils ont bien faillit me coûter mon couple, et on devient très vite très con … donc non, j’ai encore souvent besoin qu’on me rappelle à l’ordre (après que je me sois calmer, et avec beaucoup de diplomatie cela dit :p). Mais là, surtout, encore une fois, le but de l’article n’est pas tant moi ;) C’est le premier d’une courte série sur la sensibilité (puis j’attaquerai l’hypersensibilité) qui fait écho à mes deux articles sur l’insensibilité =D (Il y a une logique derrière chaque chose :p)

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          1. Je l’ai reçu il y a peu, et j’ai déjà commencé ma lecture, mes prises de notes, je fais de mon critique/éditeur :p Ca m’a d’ailleurs inspiré un essai (ou au minimum un article), sur une approche plus psychologique (avec dérivation industrielle possible comme pour la musique :s) du travail d’écriture : les effets d’un message … je n’en dis pas encore plus :p

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    1. Si je voulais parler de la colère, il me fallait bien être honnête et introduire ce qu’elle est selon moi :) C’est vrai que la colère m’a bien aidé à un moment. Je n’avais pas songer à l’image du poison. Il s’agissait pour moi, à l’époque, de me faire sortir moi, parce que je m’étais effondrer tellement sur moi-même … enfin bref, il me fallait d’abord me réapproprié mon espace intérieur, puis déborder un peu à l’extérieur pour d’abord (re)gagner le respect de moi-même, puis que celui des autres (en imposer en quelque sorte, si on veut rester un peu honnête et logique). Mais là, je dirais que si je l’utilise encore, ce sera de l’abus et ca va me coûter trop cher, alors c’est qu’il est temps que je passe à autre chose et que j’essaye de développer d’autres stratégies. C’est assez hallucinant que je parle ainsi, car il y n’y a pas encore si longtemps, j’étais plutôt dans un tel flou que c’était uniquement mes émotions qui dictaient ma conduite, et il m’était encore inconcevable de pouvoir avoir une réelle influence sur elles … se mettre en colère étant la seule chose qui reste à peu près évidente (pour ceux du moins qui ont beaucoup pris sur eux pendant de longues années … qui on économiser quoi XD). Et là, un déclic il y a peu … j’assumer enfin, par une réalisation concrète de mon état, le passage du noir au blanc (bien que le noir ait été dépassé il y a quelques années maintenant) … l’amorce suivante se laisse sentir de plus en plus perceptiblement, maintenant j’ose croire le rouge à ma portée, un jour. Enfin, cet article ne servait pas tant à parler de moi (comme je l’explique dans le commentaire que j’ai laissé à Michel). Disons qu’il s’inscrit, comme la plupart de mes autres articles, dans ma recherche d’un alkahest efficace :)

      Qu’amis viennent avec moi de l’athanor tâter =D

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      1. Du loin de mes 98 ans, mon petit, je te le dis, si on est de la race de ceux qui crient, jusqu’au bout, jusqu’à la fin, on reste vivants, vibrants, délirants, émouvants, chiants. On ne contrôle pas tout, certes, et ça peut être fatigant pour les autres, mais c’est ce qui nous rend intéressants. Enfin je crois… j’espère… toutes façons je sais pas faire autrement.

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  2. Tu fais ton agace ! J’aime ça.
    Sérieux, je suis content que tu l’ais reçu.
    Même si tu voudrais me faire part d’un commentaire, aussi petit soit-il, je ne voudrais pas le savoir. Je préfère attendre pour l’ultime.
    Prends le temps qu’il te faut et j’espère que tu aimeras.
    Bonne lecture mon ami.

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        1. Surtout que je vais pas pouvoir m’en empêcher. Si tu veux, je suis parti à la fois d’une réflexion approfondie sur ce que je t’avais déjà dit dans un commentaire de ton blog (sur la description et le fait que l’imagination n’a pas foncièrement besoin d’une description tirée en longueur), et d’une série de conférences enregistrées que j’ai vu sur youtube et qui traitaient du langage et de ce que les politiques en font, ainsi que d’autres réflexions personnelles … et tout ça s’est mélangé (je suis au chapitre 5 là) … et là je vais avoir besoin de parler des romans modernes, de l’édition et de la société moderne :)

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          1. Tu es le lecteur, le courant, la critique, la carte blanche. Mais tu es mon ami par-dessus tout et je te fais entièrement confiance avec tes idées. Je suis certain que tu vas me jeter à terre quand je te lirai à mon tour.
            J’aurai peut-être à critiquer ta critique…=)

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          2. Non t’inquiète, je n’ai pas l’intention de te jeter à terre ;p Par contre, je pourrai, je le pense, donner des idées à tous ceux qui liront cet article. Pas qu’il apporte une théorie foncièrement nouvelle, finalement je ne fais que parler de ce qui existe déjà, mais de manière plus décomplexée et là où on ne l’attendait pas (encore). Par contre, c’est vrai que là je regarde mon brouillon/mes notes, et j’hésite à écrire cet article en deux parties histoire que la critique du livre ne soit pas étouffée par tout le reste (parce que ce sera un article assez long [quelques pages word déjà :s]) … mystère :p

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